La (re)-mise en confiance du cavalier et du cheval en extérieur.


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COMMENT MON CHEVAL ET MOI-MÊME SOMMES DEVENUS UN BON COUPLE EN EXTÉRIEUR:
Récit de Jean-Pierre Moreaux

Suite à un article dans le mensuel Cheval Evasion, j'avais fait appel à LIBERTY pour m'aider à éduquer mon cheval en randonnée : gentil mais vif, il était tout juste débourré et j'avais peur de me lancer seul dans les bois avec lui. Une première prise de contact avec Jean-Louis Barbé m'a cependant fait prendre conscience du fait que j'avais moi aussi, et autant que mon cheval, besoin d'une petite éducation en extérieur ! Pourtant, je montais depuis plus de dix ans. Pour commencer, j'ai laissé Titus à Quarreux pendant deux semaines, pour qu'il se familiarise avec des pro au travail du cheval de randonnée. Monté seulement par Jean-Louis, son épouse et leur ami roumain Simi qui travaille les chevaux avec eux, il allait y apprendre les bonnes manières de base et, m'avait-on affirmé, se " désensibiliser " à beaucoup de choses (il avait peur des gestes brusques, ne supportait pas de sacoches sur ses flancs, n'avait jamais franchi un ruisseau, etc.). Ayant reçu de bonnes nouvelles par téléphone (Titus se portait et se comportait bien, et faisait de grands progrès), je me suis alors rendu sur place pour l'essayer, mais comme, je l'avoue, j'étais stressé et même un peu paniqué, Jean-Louis m'a proposé une solution géniale : lui-même allait monter Titus " pour me montrer " tandis qu'il me confiait à un de ses chevaux de rando bien rodés. Nous n'étions pas encore partis que j'étais déjà épaté : mon cheval se laissait étriller énergiquement sans broncher, attaché le nez au mur dans un calme que je ne lui connaissais pas. Au montoir, même chose : j'avais chaque fois dû sauter en marche, et là, en une minute, Jean-Louis l'avait obligé à attendre sans bouger qu'il soit installé sur son dos, en m'affirmant que " dans une semaine, il ne bougera plus du tout ! ". Nous avons fait une promenade d'une heure et demie dans les magnifiques bois de Quarreux, au cours de laquelle je suis allé de surprise en surprise. D'abord, on est passé partout : fossés, gués, sentiers embroussaillés, descentes vertigineuses (du moins, c'est mon avis, malgré le regard légèrement moqueur de Jean-Louis)… Titus a à peine frétillé et trottiné les 200 premiers mètres, puis il s'est montré aussi à l'aise que Géronimo, ma monture de ce jour-là, un cheval paisible et dynamique à la fois. Et on a pratiqué les trois allures, Jean-Louis dirigeant et arrêtant Titus sans les mains, poussant même jusqu'à prendre les rênes entre ses dents pour me convaincre de la docilité de mon cheval ! J'étais médusé, et heureux, surtout au moment où, à la fin de la balade, Jean-Louis est descendu en me disant " à toi ! "… Ca s'est très bien passé. Quand je suis revenu à Quarreux la semaine suivante, Jean-Louis m'a dit : " Aujourd'hui, tu vas voir comment Simi l'a désensibilisé ! Ce cheval est plus en confiance que certains des miens ! ". Je n'en croyais pas mes yeux : Pour commencer, Simi a pris son petit chien en croupe sur Titus, à toutes les allures, sans qu'il paraisse gêné par les piétinements incessant du fox qui tentait de garder son équilibre. J'oublie de dire qu'en plus du chien, il y avait derrière la selle des sacoches remplies de bouteilles en plastique bruyantes… Quand, un peu plus loin, Simi a déployé brusquement un grand poncho de pluie sans descendre de cheval, j'ai fermé les yeux ; Titus a légèrement sursauté, aussitôt rassuré par une caresse. La suite est inimaginable : Simi a jeté la cape sur la figure de Titus et est ainsi parti au petit galop sur cent mètres puis s'est arrêté calmement ! Le cheval ne voyait rien ! J'en passe, et des meilleures, cela n'a pas cessé jusqu'au moment où nous avons changé de cheval pour que je profite un peu du mien. En pleine forêt, nous avons fait une courte pause, le temps de me démontrer que Titus restait à l'attache paisiblement lors des pique-nique. J'ai encore un peu stressé quand nous sommes arrivés sur un tronçon de route nationale, mais Titus, entouré de ses nouveaux compagnons, est resté de marbre malgré le train et les motos qui nous ont dépassés en trombe. CQFD, le cheval était prêt pour la randonnée, restait à faire le cavalier. Eh bien, quatre jours de stage intensif plus tard, j'ai retrouvé ma confiance en moi et, à l'heure où j'écris ces lignes, le modeste cavalier que je suis se promène sereinement trois fois par semaine avec son cheval, retournant chez LIBERTY pour accompagner à l'occasion des rando plus longues. Un dernier mot ? MERCI.

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  -   mise à jour le   31 janv 2001