La randonnée des légendes
Alors que tout le territoire wallon offre de multiples possibilités de petites promenades
à cheval comme de plus longues randonnées équestres à travers bois et campagnes, très peu
d'itinéraires sont balisés ou détaillés dans une documentation structurée.
En effet les cartes touristiques que l'on trouve dans les syndicats d'initiative et
organismes similaires sont généralement trop vagues, ou proposent des tracés ne tenant
guère compte des aspirations et besoins spécifiques des cavaliers ( qualité du sol, largeur
de certains passages, gîte d'étapes équipés pour l'accueil des chevaux, etc. . . ).
Pour les cavaliers qui désirent se renseigner valablement, le mieux est en général de
s'adresser aux
centres équestres ,
la formule la plus sûre étant de se faire guider ou conseiller par un professionnel du
tourisme équestre qui connaît sa région et ses chevaux, selon que l'on est expérimenté ou
non, propriétaire ou non d'un cheval.
La « Randonnée des Légendes » est née de ce dernier constat. Deux centres équestres dont
l'un comprend un vaste gîte, et deux gîtes équestres accueillant les cavaliers randonneurs
sont reliés par divers magnifiques itinéraires, dont un exemple est décrit ci-après.
Les quatre lieux d'étapes offrent différents services, du simple conseil concernant le
parcours à tracer sur les cartes, à l'organisation complète de la randonnée, en passant
par plusieurs formules d'hébergement ou de restauration, etc . . .
Au sud de la province de Liège, cette boucle de quatre jours nous emmène sur les traces
de Marcellin La GARDE ( 1818-1889 ), écrivain originaire de Remouchamps, auteur de
plusieurs recueils de contes et légendes de cette région. Une ambiance particulière plane
encore sur ces terres et l'on pourrait s'attendre àà y rencontrer une makralle
( sorcière ) ou un sottai ( nain cavernicole ) au détour de chaque chemin….
Croix, potales et autres chapelles ponctuent l'entièreté du trajet.
Nous partons, par exemple, du
J.P.Ranch
, petit gîte équestre de style western situé
aux abords d'Aywaille. Par le chemin de halage qui fait résonner le pas des chevaux le
long de l'Amblève, nous arrivons au centre de cette sympathique localité touristique, que
nous quittons en franchissant
le pont qui enjambe la rivière.
Sur l'autre rive, les chevaux bien entraînés escaladent la Heid des Gattes ( la
montagne des chèvres ), qui abrite une réserve biogénétique européenne et son sommet offre
une vue imprenable sur la cité aqualienne. Par les chemins de campagne, nous arrivons aux
portes de la ferme de la Haute-Folie, théâtre d'une grande histoire criminelle d'un
siècle passé. Nous traversons ensuite Deigné, élu le plus beau village de Wallonie.
Ayant profité de la fontaine pour abreuver nos montures, nous remontons par la forêt
vers le carrefour de Haut-Regard.
C'est là que jadis le diable punit un baron peu hospitalier en le faisant
mourir dans une tourbière. Croirait-on en effet , qu'à la place des bois de
conifères alentours s'étendaient, il y a moins de cent ans, une fagne immense, dont il
fallait connaître chaque buisson pour s'y déplacer sans danger d'enlisement ?
Entre les plantations d'épicéas nous attend une longue percée herbeuse, rectiligne,
ponctuée de vieilles bornes en pierre, la Porallée, ancienne limite entre les principautès
de Liége et de Stavelot. Quelques kilomètres plus loin, nous descendons vers la supeèrbe
cascade de la Chaudière et remontons l'ancienne voie romaine qui suit le gros ruisseau
du Ninglinspo.
Dans l'un des nombréeux gués pavés, nous surprendrons peut-être Diane, déesse de la
chasse, en train de prendre son bain . . .
En fin de journée, nous laissons derrière nous ce chemin touristique et relativement
peuplé de promeneurs en tous genres pour redescendre la colline par la vallée de la Chefna,
nettement plus sauvage. Lors de pluies abondantes, elle devient un torrent tumultueux.
En aval, elle se jette dans l'Amblève au lieu-dit « les Fonds de Quarreux », site naturel
remarquable où la rivière s'écoule entre de volumineux blocs de quartzite aux formes
arrondies ( vestiges, selon la légende, d'un moulin à vent détruit par le diable ).
Nous faisons halte au hameau de Quarreux, au centre de randonnées équestres
LIBERTY .
La soirée se prolonge par les récits des légendes que notre hôte connaît bien.
Le lendemain, départ vers le sud par un chemin creux et caillouteux. Nous passons à
l'ancienne ferme de la Picherotte située en pleine forêt, pour monter ensuite vers le
joli village de Montouhet. Nous pique-niquons face à un magnifique panorama surplombant
le château de Stoumont et la vallée encaissée de l'Amblève. Une heure et quelques
kilomètres de sentiers escarpés plus loin, nous sommes sur l'autre flanc, juste sous le
lac supérieur de la centrale électrique de Coo.

Un gros chemin empierré dégringole vers le Bodeux, ruisseau capricieux dont une crue donna une
occasion au légendaire Hora, cheval de Saint-Hubert, d'accomplir un de ses exploits de
bienfaisance. Nous passons au Mont Saint-Jacques, grand relais équestre également, et nous
continuons à travers bois.
Prudemment, au pas sur des sentiers humides, au trot sur de belles allées dégagées,
nous nous permettons un petit galop sur les sols les plus souples. Nous atteignons ainsi
le Domaine du Menil, construction traditionnelle typique de la région en pierres de
schiste abritant un grand gîte tout confort ainsi que les écuries dué centre
équestre attenant.
Le troisième jour, direction nord-ouest, nous parcouérons l'une des r&eacuéte;gions les
moins peuplées de Belgique ( la commune de Manhay en particulier ). Massifs forestiers,
prairies, et villages se succèèdent et nous imaginons sans peine la charrette de la
familleé Lamarémite, bandits bien organisés qui écumaient la région sous la couverture
d'un commerce ambulant, nous précécédant de queèlques siècles de hameau en ferme isolée
. . .
En forêt, à hauteur de Champ de Harre, nous passons sous l'autoroute par un
tunnel sombre permettant notamément le passage du gibier. Quelques instants, nous sommes
plongés dans l'obscurité totale, étourdis par l'écho du bruit des fers à cheval.
Curieusement, cette expérience semble moins impressionner les chevaux que leur cavalier !
Après l'ermitage de Saint-Antoine, puis le village de Burnontige, un chemin entre deux
prés nous amêne à l'entité de Ferrières ( ce nom rappelle l'importance de l'industrie du
fer à une époque révolue ) par le Thier que nous descendons prudemment pour pénétrer
dans le village où nous attend un relais équestre et sa cuisine du terroir,
L'hipporelais de Vieuxville.
La dernière étape nous fait découvrir l'étonnant parcours de la Lembrée. Pendant
plusieurs kilomètres cette petite rivière laisse son lit assèché en surface pour continuer
à couler sous terre. De Vieuxville, nous scrutons les ruines du château médiéval de Logne,
dans l'espoir d'y apercevoir la Gatte ( chèvre ) d'Or qui nous indiquerait où est caché le
trésor . . .
Nous tentons de ne pas mouiller nos pieds en traversant l'Ourthe à gué, les plus
petits des chevaux étant immergés jusqu'au ventre ! Nous restons dans la vallée, sur le
chemin de halage, jusqu'au Rocher de la Vierge ( lieu d'une autre légende ), laissant cet
à pic aux alpinistes, nous grimpons néanmoins pour rejoindre le chemin des crêtes qui,
comme son nom l'indique, constitue un point de vue extraordinaire embrassant de part et
d'autre toute la région. Viennent ensuite les bois de Saint-Roch.
Nous profitons de l'aire de barbecue de la chapelle Sainte-Anne pour la pause de midi.
Cette charmante chapelle perdue en pleine nature accueille chaque année aux alentours du
11 novembre une grande fête de Saint-Hubert rassemblant près de 500 chevaux.
Au fil des chemins, nous revenons doucement en direction d'Aywaille. Aprés le village
d'Awan, nous entamons notre derniére descente vers l'Amblève, en passant devant la
cabane dite « la Mohinette » qui servit de refuge à un seigneur ( le roi de France,
d'après la rumeur ) ayant fuit la révolution française.
Nous retrouvons le J.P.Ranch, point de départ de notre randonnée, par le dessus
de la proprété
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LA CARTE DE LA RANDONNEE
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mise à jour le 16 Décembre 2003