Lu pour vous
Crinières d'ébène
de Stéphane et Véronique Bigo
aux éditions Belin
" Sous le tam-tam de nos sabots "
Après trois grands voyages à cheval qui l'avaient emmené sur les
routes du Moyen Orient, de l'Amérique du Nord, puis de l'Amérique
du Sud, Stéphane Bigo mûrissait un rêve: découvrir cette Afrique
Noire qui le fascinait depuis si longtemps. Véronique Germa, une
cavalière franco-brésilienne de ses amies, avait, elle aussi, la
passion de ce continent. Ils décidèrent d'y faire ensemble deux
voyages.
Le premier périple leur fit découvrir le Cameroun, extraordinaire
condensé du continent noir. Paysages, ethnies, traditions, flore,
faune, l'Afrique est là toute entière, superbe, sauvage, envoûtante.
A cheval, l'immersion fut totale, sans retour, et l'expérience
incomparable.
Le deuxième voyage commença à Addis Abeba où les cavaliers
reconstituèrent une équipe de chevaux. Leur but était d'aller jusqu'à
Nairobi par cette faille majestueuse qu'est le Rift Valley et
d'explorer ainsi les régions perdues du sud de l'Ethiopie et du nord
Kenya, longtemps interdites à toute intrusion étrangère. Ce fut une
expédition hors du temps parmi des ethnies de l'âge de la pierre
vivant dans les paysages les plus grandioses de notre planète.
De retour en France, Stéphane et Véronique écrivirent ensemble
" Crinières d'ébène " sur leur traversée du Cameroun... et se
marièrent!
" Crinières d'ébène " ou Le Cameroun au pas d'un cheval
" Crinières d'ébène " est donc le récit de leur premier voyage en
Afrique, qui démarre en février 1994. Partis de France en plein
hiver, ils arrivent dans la chaleur humide et suffocante de Douala
et se dirigent vers Foumban, capitale du peuple bamoun, où le Hadji
Zounedou, frère du Sultan, les reçoit. Là, ils achètent Didango, le
cheval de Stéphane, et Nji Fonfon, destiné à faire le porteur de
bagages, à des Mbororos, ethnie d'éleveurs. En revanche, Ngalaari,
la monture de Véronique, est un cheval de guerre d'un notable de la
cour.
En Mars, ils commencent leur voyage dans cette " Auvergne
africaine " riche et souriante, avant d'aborder la brousse: des
kilomètres sans fin de forêt clairsemée où serpente l'une des seules
pistes qui va vers le Nord. Tous les soirs, un village ou un " saré
" les accueille. Hospitalité du njaouro (chef de village),
complicité de la population, serviabilité souriante des enfants qui
les emmènent aux points d'eau et dans les pâturages... les voyageurs
sont tout de suite séduits par ce Cameroun traditionnel.
Passionnante rencontre à Banyo: ils se lient d'amitié avec le
Lamido (Roi foulbé) qui leur brosse un tableau saisissant d'un
siècle d'histoire de l'Afrique. Entre Banyo et Ngaoundéré, ils
empruntent des pistes perdues qui les mettent en contact avec une
faune sauvage d'antilopes, de singes et de phacochères. Ils se
hissent sur le plateau de l'Adamaoua et arrivent à Ngaoundéré à la
fin du Ramadan. Le Lamido de cette contrée les invite à assister aux
festivités qui terminent le jeûne (dont les fameuses fantasias de la
cavalerie royale).
Stéphane et Véronique renouent ensuite avec les blancs, qui
gèrent de grandes exploitations agricoles. Ils invitent les cavaliers
à passer dans leurs fermes et leur suggèrent un itinéraire
alléchant, quoique relativement dangereux, à travers " la grande
brousse ", celle des animaux sauvages et des chasses aux fauves !
En avril, ils traversent le territoire de Rey Bouba où règne un
Lamido très controversé. Occasion supplémentaire d'approfondir leurs
connaissances sur l'Afrique. Il les reçoit princièrement malgré
quelques péripéties, dans une chaleur insupportable. Le voyage
continue sur Garoua, où les accueille un " expat ", directeur d'une
entreprise de forages qui apporte l'eau dans les villages du Nord.
C'est alors que Didango contracte la maladie du sommeil. Stéphane et
Véronique soignent le cheval suffisamment à temps pour qu'il s'en
sorte, et profitent de sa convalescence pour découvrir les marchés
de la région, assister à des rituels de passage chez les Falis et
aller visiter la réserve de Waza.
De Garoua à Maroua, la route devient très pittoresque grâce à
des formations rocheuses étonnantes qui amènent l'équipe jusqu'aux
célèbres sites volcaniques de Rhumsiki dans les monts Mandara. La
chaleur crée de sérieux problèmes de peau à Ngalaari et Nji Fonfon
qui, finalement, termineront le voyage sans rien sur le dos.
En Mai, les cavaliers font connaissance avec le milieu
missionnaire catholique et protestant du Nord du pays; ils y voient
"du bon et du mauvais ". Figure exemplaire: le père Aurenche, prêtre
et médecin, qui, grâce à son principe: " croire en l'humain dans
l'homme ", permet le développement " à l'africaine " d'une région
entière. Puis ils arrivent dans les territoires désertiques de
l'extrême Nord et terminent leur voyage à Maroua, non sans être
allés voir, avec l'ami photographe qui leur a acheté les chevaux,
l'étonnante tribu des Komas dans les monts Alantika. En juin, c'est
la difficile séparation d'avec les chevaux, et le départ pour Addis
Abeba en Ethiopie, via le Tchad pour leur deuxième voyage africain.
Christel et Jean-Louis BARBE
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mise à jour le 20 février 2002